Patriot de bonne façon



Vous aurez sans doute suivi, comme nous, l’affligeante débandade de Donald Trump rêvant sa réélection avec le soutien des « patriots », une populace fanatique lancée à la prise du Capitole en forme de Bastille américaine ce 6 janvier maintenant entré dans l’Histoire. Mis enfin hors limite par la démocratie américaine, il retrouvera sans doute une casquette (rouge) d’homme d’affaires qui a investi surtout les fonds de partenaires de tout bord aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou à Dubaï. Mais il ne sera probablement plus aussi prolifique, ayant rarement engendré la sympathie du golfeur et de ses autorités. Sa mise au ban est déjà en marche. A la clôture de l’affaire, venu en bandes de voyous incontrôlables, le « patriot » défile maintenant à la queuleuleu devant les juges, très frappé le plus souvent, son CV marqué à vie.


Attention, ne pas mélanger les genres, ce « patriot » n’étant que le porte-flamme d’un melting-pot nationaliste et suprématiste à l’éducation incertaine, fait de groupuscules extrémistes auquel on doit nombre d’exactions depuis l’investiture Trump. Rien à voir non plus avec les New England Patriots, équipe-vedette de la NFL (football américain), tout en acceptant l’idée que le golfeur made in USA vote plutôt conservateur, encore à plus de 65% en Oklahoma.

On le ressent en faisant un détour par Tulsa, la capitale, pour une partie à Southern Hills, théâtre de l’US Open 2001 remporté par Retief Goosen. Même impression à Owasso, vingt miles plus loin où The Patriot Golf Club, à ne pas confondre avec ses homonymes de Grand Harbour (SC) et Abrams (WI), propose ses belles installations et un excellent parcours de Robert Trent Jones Jr. Entre les deux adresses, banderoles et drapeaux étoilés décorent les maisons, déjà prêts à partir, non pas à Washington, mais à Whistling Straits pour  supporter  les couleurs du Team USA en Ryder Cup dans la bonne  humeur, la même se vivant aussi au club.

« Nous remercions le ciel de nous permettre ce style de vie », dit Dan Rooney, l’une des autorités de ce club privé très campagnard. « Quand notre hymne résonne, nous sommes les premiers debout, les derniers assis. Nous croyons qu’amour de son pays et force de caractère sont synonymes ». Le club-house, revu en 2016 dans de plus justes dimensions, savoure cette ambiance aussi calme que familiale et amicale. A 200 mètres d’altitude, il domine un par 72 de 6545 mètres légèrement accidentés, serpentant entre marais, bois, vallées encaissées. « Il ne sourit qu’aux audacieux dotés d’une bonne technique », précise Bruce Charlton, architecte-associé de RTJ II.


« Venez nous rejoindre », conclue Dan Rooney, Pro PGA et ancien pilote de F16. « Nous sommes des patriotes honnêtes et reconnaissants face aux sacrifices consentis par les femmes et les hommes qui défendent ce pays ». C’est si vrai que, tous les jours à 13 h 00, la vie du club s’arrête quelques instants pour s’en souvenir, caractérisant l’état d’esprit et la nature d’un club où le respect de la patrie passe aussi par celui de l’adversaire du jour au tee No 1 et sûrement pas au bout de Pennsylvania Avenue. Et la couleur de la carte d’électeur n’a rien à y voir.
PPH