« Que Dieu soit loué et les appartements aussi »


Avec Seve Ballesteros en 2002

Ceux qui le connaissent intimement ne sont pas étonnés d’une telle sortie teintée d’humour. C’est le propre d’un sacré bonhomme qui a toujours eu le talent de faire avancer les choses en adoucissant les aspérités d’un certain sourire. En cette période propice aux cadeaux, pensez à offrir « Gaston Barras, Un destin à Crans-Montana et dans le monde », un livre consacré à la vie d’un personnage à part, écrit par Sylvie Doriot Galofaro, juste publié aux Editions Slatkine et disponible dans les bonnes librairies.
Tout valaisan ou presque, tout golf-trotter de Suisse et d’ailleurs, quoique n’ayant pas la clé de questions qu’ils n’ont jamais osé poser, savent sans doute qui est Gaston Barras, hors du commun, pilier incontournable du développement de la station alpine de Crans-Montana encore aujourd’hui. A la façon d’un long chapitre wikipedia, ce qui présente un aspect un peu rébarbatif pour certains, 224 pages égrènent la vie de ce talentueux agitateur, depuis sa naissance le 5 juillet 1931 à Montana. Chaque chapitre fourmille de détails qui nous apprennent ses débuts douloureux dans le monde du commerce, frisant la prison à Annemasse après avoir été roulé par un escroc.
Ayant fait ses preuves comme vendeur d’encaustique ou de stylos à bille, il reprend pour mille francs une petite agence immobilière en 1950. Dès lors, simple et jovial, son entregent, son sens des relations publiques, sa passion pour tout ce qui peut faire avancer les choses, l’amènent à se rendre utile dans diverses associations, à se mêler de politique devenant président de sa commune, à entrer au Rotary club dont il organise les grands championnats de golf, s’attribuant certains titres. Ses multiples activités le font bouger, voyager, rencontrer nombre de personnalités de la politique, des arts, du sport, des familles royales, du spectacle, certains artistes se produisant au « Whisky à Gogo », sa boîte de nuit ouverte alors avec deux amis, d’autres achetant leur appartement ou chalet via l’Agence Gaston Barras. « Le roi de Crans », disait la presse people dans les années 60.

De nombreuses affaires ponctuent la vie de Gaston Barras, certaines heureuses dans son métier, d’autres moins dans les prétoires, des moments de joie aussi quand il est élu « Personnalité suisse du golf » en 1986 ou de solitude, un pistolet sur la tempe, face à deux braqueurs dans son bureau. Mais, au bout du bout, le golf reste l’affaire de sa vie. En 1939, quand l’Open de Suisse est disputé pour la première fois au Golf Club Crans s/Sierre, il n’a que huit ans et le voilà caddie. Les années passent, il grandit et sa passion pour le golf suit. Quand les années 70 sont brumeuses pour l’open national, il le sauve en signant un chèque personnel. Quand Ebel, nouveau sponsor tient à donner plus de panache au rendez-vous, Gaston Barras arrache au European Tour l’addition de European Masters au titre en 1983, faisant d’un gentil tournoi de bon niveau l’un des plus beaux qui soient en Europe, gérant un budget de quelque douze millions contre cinq mille en 1939. Et il n’en a pas encore fini. PPH

Gaston Barras, un destin à Crans-Montana et dans le monde
Editions Slatkine, Genève