101e PGA Championship, Day Two, 2e session




En direct de Farmingdale

Jordan Spieth est donc bien au chaud, nanti de son -5 par un 65 qu’on n’attendait pas, à deux longueurs de Koepka, et sept devant Woods qui prennent le départ avec Molinari à 13h50. Pour nous mettre dans l’ambiance, le drive de Woods finit dans le public et un rough gras et profond. Et c’est la foire d’empoigne. Il faut savoir que les joueurs sont «escortés» sur le parcours par des shérifs et des policiers en civil. La compagnie sera légère pour un joueur lambda, mais quand il s’agit de Woods, c’est un commando armé. Compréhensible, mais exagéré, comme les forces de police qui entourent le parcours, leur voitures gyrophares allumés, d’énormes machines de chantier bloquant des accès ici, des autos placées en quinconce là… En état de guerre, on ne ferait pas autrement.
En l’espèce, sur ce coup-là, les forces de l’ordre permettaient à Woods de sortir intact au No 1 où il avait donc balancé sa balle dans le public aggloméré, se retrouvant cerné, bloqué, étouffé sans espace pour le coup suivant. Avec les ruades de shérifs faites-moi peur, il pouvait s’extirper et sauver le par, mais prendre un bogey au trou suivant sortant de la piste une fois encore, et encore, et encore, son swing n’étant juste pas en place, et son score tiré par les cheveux, petit jeu aidant. Un autre joueur aurait éclaté.

Brooks Koepka IN     Tiger Woods OUT

Pas content, le Tiger, d’autant que Koepka enquillait deux birdies dès le départ, un autre au No 5, passant à -10, n’ayant subi aucun bogey en 27 trous, creusant l’écart avec Spieth et forcément avec Woods.

Tout arrive, même un bogey dans le sac de Koepka au No 10 pour un millimètre de trop. Pas une baisse de régime touchant bien plus Woods avec cet autre bogey au No 11, le faisant glisser à +4 et louper un cut alors toujours à +3. Dès le début du tournoi, les esprits éclairés, connaisseurs du golf, faisaient la grimace en évoquant Tiger, son absence de tournois pendant un mois, donc sans avoir pu remettre son swing en place, ce qu’il avait réussi à corriger sur la longueur des quatre tours du Masters, eux précédés de multiples sorties.

Et au No 12, c’était un autre bogey. A + 5 avec six trous à jouer, les stats TV de CBS en prenaient déjà un sacré coup. Les biceps de Brooks Koepka qui lui permettent de poser une balle à cinq mètres du drapeau sur une approche de 260 mètres (comme au No 15) ne suffisent pas pour conférer à ce champion majeur made in USA le charisme de celui que nombre d’entre nous considèrent comme le plus – (choisissez votre attribut) – de l’histoire du golf.

Menacé de prendre la porte, TW se défonce pour passer, rester vivre encore ce chapitre même de loin. Au No 18, il en est toujours à +5, alors que le cut est passé à +4, ce que nous avions annoncé mardi dernier. Un birdie svp et l’histoire new-yorkaise continue. Signe prémonitoire? Koepka s’est infligé son second bogey du tournoi au No 17 et Woods a même l’honneur. Joli coup d’envoi, mais mal apprécié et juste trop court. Deux putts plus loin sur un green complexe, c’est un par insuffisant. Et, pour l’histoire, Brooks Koepka signait le birdie si désiré, pour garder la tête à -12, avec dorénavant sept coups d’avance sur Spieth rejoint par Scott et List.

A 144, le cut très haut de ce PGA Ch’ip (on a connu bien plus désagréable comme le 154 de 1958 à Havertown) est très punitif. Dans le petit monde des têtes de gondole du golf d’aujourd’hui, Woods est en bonne compagnie. Voyez un peu: Rham,Kaymer, Furyk, Watson, Garcia, Poulter, deChambeau, Reed, Westwood, ou de récents vainqueurs Campillo et Kisner. Rien de plus normal, le PGA Championship étant un tournoi majeur, alors forcément les sortis sont le plus souvent connus.

Demain est un autre jour. Donc, si nous restons persuadés de connaître déjà le nom du vainqueur, allez, faisons comme si rien n’est impossible. En golf, tout peut arriver. Tout. PPH