101e PGA Championship, 3e tour, fin


En direct de Farmingdale

Cela fait longtemps que la salle de presse d’un tournoi majeur, le plus souvent force 5 (agitée à très agitée), a été aussi calme que lors de cette journée dédiée au 3e tour du PGA Championship. Nous sommes pourtant dans l’ambiance new-yorkaise qui nous permet de constater que, rattachés ou non à de grands quotidiens ou des programmes télé des plus sérieux, il y a des journalistes vraiment déjantés entre leurs oreilles ou drôlement « sapés ». Et, en général, ils vivent le tournoi en son et lumière comme à un « final four » au basket.

Dustin Johnson, actuel No 1 mondial

Mais, Tiger Woods est passé par là et son +5 éliminatoire a vidé leur trop-plein d’agitation. Ce matin, leurs lignes publiées, leurs tables rondes diffusées, les signatures Rosaforte, Tarde, Spander, Anderson sont d’une placidité totale, et les reporters juniors respectent ce calme avant une tempête que notre monstre de leader Brooks Koepka n’a aucune raison de susciter et donc la presse est anesthésiée comme à Pebble Beach pour l’US Open 2000 que Woods avait gagné avec quinze longueurs d’avance. Pour se donner de l’idée et démarrer leur papier, nos amis américains se disaient naïvement qu’avec des talents reconnus à ses trousses, tels Spieth, Scott, Fleetwood ou Rose, la pression, pouvait faire baisser d’un ton ou deux la qualité de jeu du leader. Peine perdue. Koepka jouait sereinement, à un rythme certes moins endiablé, prenant encore deux coups au par à mi-parcours. Derrière, l’opposition se fissurait. Spieth et Scott passaient plus par rapport aux moins de la veille.
Johnson jouait bien, assez bien, accompagné d’un putting pas au mieux comme au No 10 et ce petit putt loupé. Le tournoi était sous narcose comme ceux chargés de le raconter.
Petite lueur dans cette mauvaise passe. Un joueur, dont nous ne vous donnerons pas le nom deux fois, sortait une jolie carte (67) pour se poser bon 2ème avant le 4ème tour. Prénom: Jazz… C’est déjà particulier. Nom: Janewattananond. Donc Jane, restons simple, souriant petit (de taille) thaïlandais aux lunettes noires, était notre seul émoi du 3e tour. No 72 mondial quand même, ce garçon détient un record. A 14 ans, il a été le joueur le plus jeune à passer le cut sur un tournoi du International Asian Tour.
Bon, ce n’est pas non plus un scoop, mais il faut bien meubler en attendant de savoir si Koepka s’est fait hameçonner, après ses bogeys au 9 et au 10. A ce moment-là, List en est à -3 pour la journée. Sorti du No 14, il pointe à -7 au tableau, à cinq «petits» coups du leader qui est mal embarqué au No 13. Mais monté sur ressort, «Musclor» démonte le fantasme et signe, Dieu sait comment, un birdie qui remet l’ordre dans la maison. Même les spectateurs, aussi désordonnés que les volontaires chargés de leur discipline, ont le décibel acceptable, enfin ceux qui sont restés.

Brooks Koepka, futur No 1 mondial

Dimanche, ils auront l’immense joie de voir avec Koepka au dernier départ, Harold Varner III venu à -6 comme l’ami Jane, les inconnus dans la maison. Une partie d’enfer sans aucun doute, enfin pour nous avec cet autre aimable afro-américain qui sait jouer 62, mais qui ne saurait remplacer qui vous savez…
En salle de presse réfrigérée où nous sommes de retour, les journalistes font les cent pas et papotent comme des députés entre deux séances, la montre sous les yeux en priant que les aiguilles tournent plus vite. Le direct de Canal+ vous a-t-il communiqué cette sensation?
Il est 18:50. Le dernier duo est enfin de retour. Il paraît que Spieth en était. 72? On ne l’a pas vu une seconde. Et Koepka qu’on a bien suivi entre deux bâillements. Il a joué l’équilibre, le par bien juste ce qu’il faut, se permettant tout sourire un dernier bogey au No 15. Non, non, ce n’est pas irrespectueux. Du tout, du tout… PPH