Millésime 2015 séducteur en Médoc


La signalétique des débuts d’une belle histoire                                                    1ère partie  

Le fan de golf est plutôt au courant de l’ouverture prochaine d’un nouveau parcours quand il se situe à portée de drive de son jardin. Mais il n’a pas souvent cette connaissance quand l’inauguration est fêtée à mille lieux de là. A moins que le promoteur ne soit une belle référence de la vie du golf, souvent proche des animateurs de ce sport, medias compris. Par la grâce des bonnes relations de la famille Mourgue d’Algue, rien d’étonnant donc à ce que le Grand Saint-Emilionnais Golf Club ait bénéficié d’un nombre important d’articles de presse, d’interviews audio, de reportages télé, le plaçant déjà sur un piédestal, bien avant sa journée inaugurale enfin arrivée en octobre 2015. Proche ou éloigné, notre fan de golf est donc forcément au courant, ne pouvant échapper à cette omniprésence bien que, pendant les quatre années du chantier, il n’y ait pas eu grand chose à voir.
Le nouveau parcours est installé au cœur d’un superbe territoire vallonné de 102 hectares sur la commune de Garderan-et-Tourtirac à quelques minutes de Saint-Emilion, avec le Château Angelus parmi ses voisins, à moins d’une heure de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac. Son maître d’œuvre (on pourrait dire le maître de chai ici…) est Gaëtan Mourgue d’Algue, membre du Royal & Ancient, célèbre balise du noble jeu dont il respire toute la tradition, catalyseur du golf « Made in France » pendant quelques décennies. La création de Golf Européen en 1971, c’est lui. Le (regretté) Trophée Lancôme, c’est lui. Le Guide Rolex des 1000 plus beaux parcours, c’est encore lui. Les parcours de Joyenval (Paris), Arcangues (Pays Basque), Abidjan (Côte d’Ivoire), c’est toujours lui!

Le clan Mourgue d’Algue, branche golf, de.g. à dr.: Gaëtan, Kristel, André, Philippine, Cecilia


Le Grand Saint-Emilionnais Golf Club affiche une appellation un peu biscornue parce que le nom « Saint-Emilion » est une marque protégée. Pour le reste, ce grand cru, toujours en cours de maturation, peut susciter le compliment. Par exemple, le magazine Golf Digest l’a vite fait entrer dans le Top 10 français, ce qui ne peut que réjouir Gaëtan Mourgue d’Algue voyant un vieux rêve, mille fois retourné dans sa tête, enfin devenu réalité et maintenant l’affaire de toute une famille si représentative et respectueuse de la tradition du golf.

Elle a enrichi le palmarès français de beaux succès sur trois générations, avec plus de quatre-vingt trophées nationaux et internationaux grâce au talent de Gaëtan, bien sûr, de son épouse Cecilia, et de leurs enfants Kristel et André, tous golfeurs émérites. Plus de dix ans de travail ont été nécessaires pour élaborer leur millésime 2015 qui se goûte avec un bon plaisir. Puissant, d’un caractère propre à son terroir calcaire, il s’exprime par un style d’une bonne longueur et d’une belle fraîcheur, pour devenir bien meilleur encore au fil des années.

A mi-chemin entre aller (35) et retour (37)

Aujourd’hui, les Mourgue d’Algue se consacrent exclusivement et sans relâche au S.E. (pour les intimes) et à son avenir. Mais rien n’a été simple. Dans le premier tome de cette saga, Gaëtan Mourgue d’Algue vend son projet à une boîte canadienne. Ne la voyant pas mettre un pied devant l’autre, il reprend le tout à bon compte. Cependant assurer le succès continu de l’investissement devient tout de même une gageure de taille pour la famille quand il manque dix sous pour faire un franc….

Tom Doak

Le chantier avance bon an, mal an, avec quelques aspérités aplanies avec patience. Heureusement, pour sa première réalisation européenne, Tom Doak, architecte jeune et génial, allaité à la tradition du golf, est à la manœuvre pour mettre en place un parcours qu’il veut minimaliste, sans falbalas, proche de la nature, éco-responsable, l’idée-même de Gaëtan Mourgue d’Algue. Consulté avant Doak, ce 18-trous aurait pu être conçu par McKay Kid, architecte de même esprit, auteur du Bandon Dunes (1999) voisin du Pacific Dunes de Doak (2001) en Oregon, tous deux classés au Top 100 mondial, tous deux apôtres d’Alistair MacKenzie, auteur d’Augusta National (USA) ou de Royal Melbourne (Australie), maître-étalon de ce métier. PPH
 (2e partie à suivre)