Jon Rahm sur un nuage


Atthaya Titikul

Voilà un 10 juillet dont on se souviendra longtemps, tant il a été prodigue en exploits pour nous mettre sous les yeux de véritables golfeurs d’exception. Du côté féminin d’abord, le plus souvent traité à la portion congrue dans nombre de media, le tour européen s’était déplacé en Thailande pour un open national. 125 majeures et une toute jeune mineure. A 14 ans et 4 mois, encore amateur, Atthaya Titikul s’est adjugé le titre (pas les sous) sans hésitation devant Ana Menendez laissée à deux coups, heureuse de toucher une enveloppe €45’000.Humble et discrète, la petite thaï a tout le potentiel d’une future star dans la lignée des Wie & Ko qui avaient aussi sorti de grandes perfs tout en jouant encore à la marelle.

Au Greenbrier Classic (Virginie de l’Ouest),  Sebastian Muñoz, joueur colombien plutôt inconnu a mis d’accord les talents confirmés de Mickelson à Love, Walker ou Reed, en tutoyant cette jeune génération de pros américains qui s’enrichit d’une semaine à l’autre. Mais il se faisait rattraper par trois d’entre eux sur la fin. Le titre allait à Xander Schaufele, 23 ans, pour sa toute première victoire sur le PGA Tour.

Jon Rahm, prêt à faire bouger les lignes

Troisième étape des Rolex Series, l’Open d’Irlande affichait bien les sept millions désormais habituels sans réunir pour autant un grand plateau à Portstewart en Irlande du Nord. il y avait bien McIroy, le tournoi se déroulant sous l’auspice de sa Fondation Rory…. Sans doute à hue et à dia, il ne passait pas le cut. Heureusement, un talent fou que les accros du golf commencent seulement à connaître sortait une partie d’enfer au 4e tour, après que Drysdale ait signé un record du parcours en 63 avec sept birdies consécutifs au retour.

Jon Rahm… Retenez ces deux mots. Ils ont déjà fait le buzz aux Etats-Unis où ce jeune espagnol de 22 ans a fait  « ses universités » avant de virer pro, puis gagner un titre. Mais, en Europe, il n’avait pas encore passé la rampe pour s’entendre dire et redire qu’on tenait maintenant le vrai successeur de Ballesteros qui, comme Rahm, Garcia et Olazàbal, avait aussi remporté le même vieux trophée. Faut dire que le 4e tour en 65 de Rahm a tenu du prodige. « Je n’ai jamais joué aussi bien de ma vie, au moins sur 15 trous et dans un temps plutôt pourri », disait-il.

A la suite d’une approche de 135 mètres pile dans le trou No 4, il entrait alors dans une bulle où tout lui réussissait. Rough épais, sable humide des bunkers, longs putts improbables (comme au No 14 pour un birdie inattendu), rien n’entachait le bilan de ses clubs trou après trou, avant une baisse de tension sur les trois derniers trous. Mais le mal était fait. Même l’interruption de son jeu, le temps qu’un arbitre l’entende au sujet d’une balle marquée sur un green et soi-disant mal remise en place – on parle de millimètres – le laissait souriant dans sa 4e dimension pour terminer avec six coups sur Ramsay et  Southgate, deux viennent ensuite du European Tour, effarés de toucher chacun un demi-million, le plus gros chèque de leur carrière. PPH