Alex Noren domine le West


Alex Noren rejoint le haut du panier

  Cette année, même les plus récalcitrants ont trouvé un nouveau goût au PGA Championship, rendez-vous traditionnel du mois de mai à Virginia Water, près de Londres. La crème du golf y a eu longtemps deux rendez-vous. De 1964 à  2007, c’était à l’occasion du World Match Play Championship où les plus grands noms du golf figurent au palmarès. En 1984, le PGA Championship s’est installé au Wentworth Club qui a vécu longtemps de multiples tribulations (ventes, reventes, bisbilles, etc..). Cette période grise est oubliée. Wentworth devient maintenant un club très privé, au succès consacré par toutes les stars qui ont marqué ses superbes installations (club house, bars et restaurants, hôtel, tennis piscine, spa) et trois beaux parcours.  Mitoyen du club, le European Tour a fait du parcours « West » son pré-carré parce que c’est un sacré juge de paix en compétition pour tout grand golfeur et un honorable membre de la confrérie des cent plus beaux golfs au monde.

Henrik Stenson, 3e, parti trop tard

Après de nombreuses retouches et une reprise importante des greens depuis mai 2016 sous le contrôle d’Ernie Els et six millions, le « West » parfaitement préparé  a donc reçu son BMW PGA Championship, le premier à être disputé dans le cadre des « Rolex Series », une suite de huit tournois offrant chacun, cette année, une dotation de sept millions (dollars). Pour célébrer cette inauguration, le suédois Alex Noren, de nouveau dans les compte-rendus depuis quelques semaines après un long silence, a signé 62 au dernier tour pour s’adjuger un titre très demandé valant plus d’un million. « Pour moi, il a la valeur d’un majeur », disait-il.

Francesco Molinari

Parti bien avant le groupe des leaders après 54 trous et avec sept coups de retard, il cassait ses 18 trous en leur prenant huit coups après 16 trous, parachevant sa perf sur un eagle scintillant au 18, un par 5 bien défendu. Son – 11 égalait le record du parcours et il s’installait devant une télé pour voir si son tampon de trois coups sur le premier poursuivant allait tenir ou non, sans prendre la pause du vainqueur annoncé. près de deux heures d’attente entre espoir et regrets. Mais les dieux vikings Odin et Thor veillaient et leur balançaient une pluie bien drue sur le jeu, ce qui empêchait toute velléité de leur part. Seul, Francesco Molinari s’approchait à deux coups sur des birdies aux 17 et 18, devançant d’un coup Stenson, Tanihara et Colsaerts, le champion belge enfin de retour dans le grand bain, regrettant son score du dernier segment montrant deux eagles, mais un bogey et un double-bogey. Sinon…

Ce rendez-vous annuel était déjà l’un des tournois-phare du European Tour et sa liste de départ tout à fait comparable à celle des années précédentes. Comparable, mais pas bien améliorée, l’un des buts recherchés par les « Rolex Series ». Pendant que le tour européen mettait en scène son tournoi-vitrine, Sergio Garcia, sa veste verte du Masters au vestiaire, se produisait au « célébrissime » Dean & Deluca Invitational, ex-Colonial, en sortant bon 12e, devancé par Paul Casey (10e) et Jon Rahm (2e), le crack espagnol de demain. Papables pour la prochaine Ryder Cup, voilà trois joueurs européens renommés qui auraient dû être de ce premier Rolex Series pour en soutenir le concept. Si on en fait une histoire d’argent, il y avait une meilleure dotation à Wentworth, de 100’000 dollars pour être précis.  

« A quoi ça sert que Rolex, il se décarcasse », dira-t-on en parodiant cette signature sonore d’une vieille campagne de pub télé. Cette fois-ci, les absences ont permis à quelques talents de venir se présenter, c’est bien. Mais, avec ou sans l’étiquette « Rolex Series », le BMW PGA Championship avait de quoi faire tout seul. On mesurera bien mieux l’effet du grand coup de pouce venu de Suisse dès le 2e tournoi du programme, le HNA Open de France à fin juin. Pour l’instant, ça ne se bouscule pas encore. PPH