Retour en Irlande


Royal Portrush
Pat Ruddy, fifth left hip, but holding the chin high...

A mi-juillet, vous êtes peut-êter passés à côté des images TV de Sky Sports ou de Canal+, n’étant pas de leurs abonnés. Comme les télés publiques n’ont plus la passion du golf, vous êtes resté confinés dans le clan des punis et avez raté le bruit du succès bienvenu de Shane Lowry à l’Open Championship (le British…) disputé sur le links de Royal Portrush en Ulster.
Le succès d’un irlandais en Irlande du Nord – où le British n’était pas revenu depuis près de 60 ans – a mis l’ambiance que vous imaginez dans les rangs de quelque 240’000 spectateurs rassemblés une semaine durant autour des trous de Portrush, un links classé parmi les plus beaux. Cette passion, qui réunit tous les irlandais de Belfast à Dublin, a ainsi donné au tournoi majeur une autre dimension bienvenue pour rappeler leur île aux golfeurs du monde qui font passer leur parties plutôt par l’Île Maurice ou la Floride, voire au mieux par St Andrews. L’Irlande et les irlandais méritent notre déplacement. La qualité du golf proposé du nord au sud est certainement la bonne raison d’y aller.
Pat Ruddy est un vieux journaliste irlandais si épris du golf qu’il en est devenu l’un des bâtisseurs et un bon. Classé dans le Top 100 mondial, son links de l’European Club (à Brittas Bay, Rép. d’Irlande) l’a quasiment sacralisé. Mais redoutable connaisseur du golf qu’il est, quel que soit le sujet, et n’ayant pas abandonné totalement la plume pour les crayons à dessin, il s’est converti en faiseur de bouquins dédiés au golf sous toutes ses formes, depuis sa maison à Glenageary du côté de Dublin.
Il faut l’avoir lu pour comprendre cette intimité qu’il partage avec le noble jeu, celui des architectes Alister Mackenzie, Harry Colt, Ronald Ross, Robert Trent Jones Sr et ses deux fils, Pete Dye ou Jack Nicklaus. Depuis 1958, un salon de son club accueille 7000 livres et la collection continue.
Tout à fait ouvert, Pat Ruddy reconnaît que l’architecte de golf peut quelquefois proposer aux joueurs des challenges difficiles. Mais il ne saurait être tenu responsable de l’action d’un golfeur et compare ce moment à une partie d’échecs. Un échiquier compte 64 cases et chaque adversaire dispose de seize pièces. Bien installés dans un fauteuil, savourant une boisson ou un cigare, le calme semble régner. Mais, dès le coup d’ouverture, chaque joueur se gratte la tête, disposant de 400 options pour le coup suivant. Après le second mouvement, il a le choix entre… 72’000 et, au troisième, il fait face à plus de neuf millions de possibilités!
Au golf, les problèmes posés sont du même ordre, dit Pat Ruddy. Les architectes d’aujourd’hui le savent et devraient plus privilégier le plaisir que la prise de tête, les amenant à concevoir des parcours aux complexités variables à la mesure de la qualité des joueurs qui les fréquentent. C’est son credo.
Pat Ruddy* vient d’éditer “Holes in my head”, 205 pages faites de sujets à foison pour raconter une vie passée à ne rêver qu’aux trous de golf.  PPH

The European Club     

(C) Email: notes@patruddy.com