Erik à Lina, une histoire de talents


Erik à Lina, une histoire de talents

Les sponsors principaux du Trophée Hassan II et de la Coupe Lalla Meyriem sont proches du Palais Royal, avec sans doute le support de BMW et Rolex, mais ça ne saute pas aux yeux

 

Erik van Rooyen, pochette-surprise

D’aucuns pensent qu’ouvrir un 3e tour du Trophée Hassan II aux aurores est un suprême honneur. Du calme, ce n’est tout de même pas le Masters à Augusta où les patrons (appellation contrôlée des spectateurs) s’attroupent en rangs serrés pour applaudir les légendes invitées à taper le drive inaugural de chaque édition. Nicklaus et Player cette année, ou Hogan, Snead et Sarazen dans un autre siècle. C’est touchant et ce public grimace sa petite larme d’émotion peut-­être aussi liée à l’absence du smartphone clic­-clac kodak mis au ban pendant quatre jours par les gilets verts du club-hôte.
Donc pour Sebastian Soderberg, seul à 7h25 avec son caddie au No 1 et un marqueur non joueur (la règle depuis quelques années sur le European Tour), c’était plus un sourire de satisfaction d’avoir passé un cut établi à la marque de 150 (+4) en toute fin de journée, alors que le +3 semblait consolidé pour l’éjecter. Mais la difficulté acérée du “rouge” dans une bonne brise impactait les trois ou quatre dernières parties du 2e tour, ramenant ainsi en jeu Alvaro Quiros ou Peter Hanson, déjà valise bouclée.
Les trois derniers départs du 3e tour offraient un match USA/England arbitré par l’australien Dimitrios Papadatos – Dimi pour les copains – intercepté au long du parcours par les “kalimera” et autres “yassou” de supporters grecs l’ayant vite adopté. Il partageait la partie de Smith, tous deux à -4, Slattery jouant avec Suri aussi à -4, les leaders étatsuniens Crocker et Lipsky (-5) bouclant la boucle.
Avec quinze demandeurs en trois coups, on était parti pour un après-midi explosif apprécié de loin par Greg Bourdy présent à titre de remplaçant No 1, mais resté sans emploi, et Greg Havret remonté comme un coucou, signant un 62 au 3e tour du Turkish Airlines Challenge à Samsun sur la Mer Noire.
Un mot pour rappeler – mais vous le savez, non? – que le Trophée Hassan II abrite en son sein la coupe de la cousine royale Lalla Meryem, tournoi dont le 3e tour était donné sur le “bleu” à 69 qualifiées, menées par Nuria Itturios (-7) et Lena Boqvist (-6) avec une poignée de points d’avance sur les poursuivantes les plus proches.
A priori, un boulevard devant l’espagnole et la suédoise pour se consacrer à leur tête-à-tête façon matchplay. Mais, en golf,
l’à priori n’est pas un appareil de mesure fiable.
En l’occurrence, à la sortie des 54 trous, le Top 10 féminin rassemblait, outre les deux leaders hispano-suédoises à -10, des joueuses souvent en belle vue telles la suédoise Hedwall et la norvégienne Skarpnord maintenant à sept coups et plus. On ne vous parle même pas des suivantes en détresse. Malgré tout, soyons indulgents. Sur le bleu revu par Michel Besanceney, l’avance des copines peut n’être qu’un feu de paille si l’extincteur fait défaut entre leurs deux oreilles, d’autant qu’à l’arrière, celles qui ont tout à espérer et rien à perdre seront toujours dangereuses, dit le philosophe.
Cependant, à défaut d’une vérité tout azimut, le golf présente une certaine cohérence qui bon-an, mal-an, écrème les strates, en dégage les meilleurs et les pousse en tête. Ainsi, le Top 10 du 3etour masculin a vécu une belle série de secousses. Lipsky faisait fort en additionnant cinq bogeys dès le départ. Exit… Grant Forrest prenait quatre birdies sur l’aller. Welcome! Ils étaient alors huit en trois coups au virage. Si Sean Crocker conservait encore la tête, ce n’était qu’à titre très provisoire, une belle poursuite se mettant en place pour le dernier tour dominical, avec Van Rooyen passant en tête à -8 sur son 68 du jour, Campillo  à un coup (toujours à la recherche d’une victoire qui le fuit), Crocker à deux, Suri, Ormsby, Slattery et Forrest à trois. Une révolution de palais, qu’on me permette l’expression.
Interrogé par la TV marocaine, je ne pouvais que cafouiller le nom de mes favoris pour la victoire et ses prix, la dague Hassan II et la pochette Lalla Meryem, superbes objets richement ornés de pierres précieuses. J’ai rendez-vous dimanche soir avec la “2” pour vérifier si mes suggestions auront pris corps. D’ici là, bouche cousue, sauf pour une goûteuse pastilla en soirée. PPH