Dur, dur…


Facile? Oh que non!

Le -7 leader du tour d’ouverture laissait croire que le parcours rouge de Dar Es Salam s’était soumis à la première attaque. Ce 66 est le fait d’un certain Jordan Smith, à ne pas confondre avec l’autre, le Jordan Spieth de la division majeure. Smith? 26 ans¸ pro façon Dupont-Durand noyé dans la foule. Signe particulier, néant. On le concède, cet anglais ne fait pas les gros titres en général, peu remarqué par le spectateur de passage. Que du trompe-l’œil! L’homme s’est adjugé le classement final du Challenge Tour en 2016, accédant ainsi à l’European Tour. Il faut déjà le faire. Puis, dès sa première saison avec les gros bras, il se paye le European Open, remporté par Alex Levy une année plus tôt, et dernier vainqueur connu du Trophée Hassan II une année plus tard. La vie n’est que coïncidence.

David Lipsky

Faut faire attention à ce Jordan-ci pour qui le golf n’a de goût que juché sur un podium. Son -7 a existé grâce à une carte sans la moindre erreur notoire. Pas de bogeys à raconter, les évitant dès son entrée au No 10 sur un putt de huit mètres. Puis il transpirait les trous suivants avant de corriger la hausse de ses approches, les posant de façon plus agréable sur les greens, signant sept birdies. Alors facile? “Que non, pas du tout”, insistait-il en chœur avec 29 autres scores sous le par (73) au 1er tour. En résumé, un “dur,dur” très partagé par quinze joueurs en 72 et moins dont Crocker et Lipsky  dépassant Smith (-4), nouveaux leaders (-5) après 36 trous.  Nivellement pour Cañizares (67, 76), chute d’Edoardo Molinari (69, 79) et Steph Gallacher heureux auteur d’un albatros au No 8 (par 5, 530 m.) sur un fer 3 qui fera passer ses 68 et 80 du jour au 3e tour à la hauteur du suisse Girrbach.
Alors facile le golf? Peut-être désormais sur le fameux No 17 en îlot, muté en par 4 (262 m.), sorte d’hérésie livrant un score moyen de 3,5 au premier tour, le même qui aurait pu être lu si ce trou était resté le par 3 signé Robert Trent Jones Sr.

Passons au bonheur des dames… “Oh les filles, Oh les filles! Moi je les aime trop”. Ces suédoises qui émergent sans cesse pour jouer les premiers rôles sont les coréennes du golf européen… Cette fois-ci, elles sont dix-sept sur le bleu marocain et ne disputent pas un open toujours inexistant au pays. Lina Boqvist et Camilla Lennarth (13 birdies entre elles) forment le duo leader en ouverture de la Coupe Lalla Meryem dotée de 450’000 euros, un chiffre agréable en comparaison des autres tournois européens, tout en regrettant que ces dotations restent en deçà d’un niveau utile permettant aux joueuses d’en vivre décemment.

Nuria Itturios

Seules douze joueuses ont battu le par 73 (le No 2 étant passé en par 5 sur un ajout de 40 mètres) au 1er tour et le top 4 (avec Iturrios et l’indienne Dagar) se tient en trois coups. C’était prometteur et, comme chez ces messieurs, le 2e tour avait un beau rôle à jouer pour séparer le bon grain de l’ivraie avec juste huit joueuses sous le par, une lanterne très rouge de confusion méritée par l’une des soeurs Maguire et son +21 (81, 86)…
Cut à +3 ou +4 côté messieurs? A +7 chez les dames! Les parcours de Dar El Salam ont fait le boulot et mordu les concurrents sur une brise soutenue au 2e tour où les greens sont passés chez l’ennemi toutes griffes dehors. Pas heureux les pros. En ordonnant les réfections de ces dernières années, SAR le Prince Moulay Rachid ne voulait plus vivre des cuts négatifs à -2 ou -3 et ça ne se discute pas. CQFD pour le déplaisir des concurrents bien obligés de faire avec.
Résultats: un cut à +4 pour le Hassan II éliminant Levy (eh oui), Fernandez Castaño, Wattel ou Manassero parmi les demi-célébrités et gardant en jeu 71 bienheureux pour le weekend, les neuf premiers se tenant en deux coups. 
Au Lalla Meryem, le cut monté en température renvoyait passer une mauvaise nuit quelques noms significatifs comme Laura Davis, Florentyna Parker, Amy Boulden ou Melanie Maetzler (79, 80) totalement à côté de ses footjoys. On lui souhaite de se reprendre sur le LETAS, le circuit féminin de second niveau en Europe qu’elle ne devrait plus quitter pour des apparitions sur le LET, n’étant pas ni au niveau, ni assurée contre le ridicule. PPH