Le rouge est mis


Le rouge est de mise au Royal Golf Club Dar Es Salam. Le bleu aussi.
Des goûts et des couleurs, on ne discute jamais!

Plutôt testostérone, le Trophée Hassan II, disputé du 24 au 28 avril, s’est pourtant ouvert sur un ProAm animé par les joueuses de la 25e Coupe Lalla Meryem. 
Ce melting-pot, entre les accortes silhouettes du Ladies European Tour et les visages néo-barbus (c’est la mode) des pros labellisés European Tour, est soutenu par le Prince Moulay Rachid, hôte de ce classique rendez-vous du golf, né au Maroc en 1971. S.A.R. Altesse Royale est si épris du rendez-vous, chapeauté avec sa cousine Lalla Meryem, qu’il va jusqu’à remporter son proam en compagnie de la professionnelle suédoise Jenny Haglund, vainqueur du “Lalla Meryem” 2018. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
A la veille du premier tour du Trophée Hassan II, véritable Open du Maroc disputé sur le parcours rouge du Royal Golf Dar Es Salam (Maison de la paix) depuis 2016, après avoir fait ses gammes à Agadir sur les 18 trous du Palais Royal dès 2011, voilà le second proam de la semaine. Cette fois, il est animé par 52 des meilleurs pros au départ du trophée. 
Parmi eux, quelques anciens vainqueurs tels Hoey, Wang, Ramsay, Siem, Levy (détenteur du titre) et, loin des radars, Edoardo Molinari, lauréat 2017, amoindri par des blessures à répétition, mais riche d’un talent bien mieux réparti que celui de son petit frère Francesco devenu majeur à l’Open Britannique 2018. 
Quand on gagne l’US Amateur, on ne peut pas être mauvais. Si Edoardo retrouve toute sa santé, il flirtera à nouveau avec de grands titres. Un certain Woods ne vient-il pas de le démontrer?
La bonne nouvelle du jour, c’est l’annonce du beau temps assuré jusqu’à dimanche. Le parcours a séché, mais reste souple. Il est finement préparé et, à voir pros et “proettes” plutôt dominés par les trous d’un putting-green insolent de suffisance, il leur faudra des approches au cordeau pour signer les bons scores promis par des drives au centre de la piste. Le “rouge” de “Old Trent” Jones peut être battu, malgré les nombreuses épines égrenées récemment par l’architecte James Duncan sur des greens singulièrement agrandis et dénivelés, sachant que leur dessin n’a pas été l’œuvre de Jones Senior. Il ne les a jamais vus, ne revenant plus au Maroc, une conséquence de la tentative sanglante de coup d’état visant le roi Hassan II à Skhirat où il fêtait son anniversaire avec des amis dont Bernard Pascassio, croisé ce matin, ou Jean Garaïalde.
Les records du “bleu” et du “rouge”? Une question qui vaut son pesant de dirhams… S’ils sont faits pour être battus, il faut commencer par les établir. Mais les deux parcours ont subi tant de retouches importantes sur plusieurs saisons qu’il devient difficile de lancer un chiffre officiel reconnu de tous…
D’abord protégé par une mare faisant la nique au No 17 du TPC Sawgrass, plus un contour rejetant les balles à gauche, le green du No 17 (par 3, 205 m.) est si complexe que, parmi les balles posées à trois ou quatre mètres, seul un tout petit nombre offrira un birdie.
En apprenant le score vainqueur d’Alex Levy en 2018, James Duncan disait: “Ce -8 est un chiffre parfait. Il démontre que le “rouge”peut être défait, mais c’est singulièrement plus difficile que sur l’un des parcours habituels des tours européens”. PPH