Tiger Woods, 41 ans, retraité du golf


Depuis cinq ou six ans, le sujet est récurrent et quand arrive avril, il devient même envahissant. Le plus grand joueur que le golf a connu n’est plus. Tiger Woods a disparu. Non, il n’est pas six pieds sous terre, mais le bonhomme n’est plus que son ombre et il a disparu des radars, laissant le soin à son agent, Mark Steinberg, de faire le tampon avec le public et la presse.

Incorrigibles, nous voulons tout savoir, les pourquoi et les comment. Les blessures. Les interventions chirurgicales. Les nanas. Les scores d’amateurs… Tout ce qui l’a plongé dans ce pauvre état que les gros plans de la télé américaine n’ont pas maquillé. Coupe de cheveux, cernes, ridules, regard plat, Woods présentait un premier livre contant l’un des grands moments du golf, à ranger avec les plus rares, offert au Masters 1997 gagné avec douze coups d’avance, pour sa première veste verte à 21 ans, le plus jeune vainqueur depuis 1934 et la création du grand tournoi majeur.

Quatorze victoires dans les championnats de grand chelem, ça ouvre des perpectives à Lorne Rubinstein, célèbre iournaliste canadien, scribe de ce “The 1997 Masters: My Story”. Le tome II racontera peut-être “The 2000 US Open, My Story”, et les quinze coups d’avance le séparant du reste du monde pour l’opus d’une symphonie que personne ne voyait finir aussi inachevée aujourd’hui.

Mais, l’écouter égrener un pan de sa vie sur le plateau de “Good Morning America”, c’était plonger dans un “soap opera” où bonheurs et malheurs se croisent, de trophées en défaites, au cours d’une vie agitée et teintée, apprend-on, de racisme ordinaire. Trop pour n’importe qui. Trop pour un champion hors de ses marques depuis la disparition de son père, son guide.

Tiger Woods ne sera pas du Masters 2017, ni des suivants. Faudra se faire une raison. PPH