100, 100’000, chiffres tout ronds


Bruce Charlton (RTJ II), Antony Scanlon (IGF)

Le 28 mars, le centre de conférences Kursaal à Berne était dédiée à une nouvelle édition du Swiss Golf Forum organisé par l’ASG (Association Suisse de Golf). Au programme, un complément d’infos pour tout agitateur du golf en Suisse, quelles que soient ses fonctions (président, directeur, professeur, journaliste…), pour mieux “vendre” ce beau sport au marché potentiel de futurs joueurs qui ne le savent pas encore.

Aujourd’hui, à l’initiative de Jean-Marc Mommer, patron de l’ASG, et d’un comité plus consensuel que par le passé quand ses membres étaient d’abord enclins à d’inutiles querelles de clocher, le golf helvétique n’est plus engourdi et veut séduire un grand public plus perméable touché par le podium suisse au Championnat du Monde féminin 2016, la qualification de la genevoise Albane Valenzuela à l’US Open ou la victoire récente de Jeremy Freiburghaus en Afrique du sud. Ces résultats démontrent sans doute que le budget de communication (CHF. 3’000’000) sur trois ans, une première, va dans le bon sens, même si un petit pays comme la Belgique (et sans budget…) compte trois joueurs à un niveau toujours hors d’atteinte par les nôtres

Jean-Marc Mommer, President ASG

Donc, le golf bouge bien plus et mieux, les initiatives sont nombreuses. Le Swiss Golf Forum est un exemple intéressant, même sans vrai fil rouge. Ce patchwork était animé par des intervenants aux têtes bien pleines d’horizons divers. Championne du monde de descente 2014, Dominique Gisin, souvent en pièces détachées dans sa courte carrière de skieuse, donnait une belle leçon à tous ces jeunes du golf qui croient arriver au sommet sur leur seul talent, sans travail et sans bobos. Justement, ces bobos qui sévissent entre les oreilles, sont le point d’ancrage des interventions de Jean-Jacques Rivet. Ce spécialiste mondial en biomécanique appliquée s’adresse aussi aux gestes du golfeur, quel que soit son niveau, et voit passer en analyse nombre de grands noms du golf.

Dans la même famille, les interventions des Docteurs Kerstin Warnke et Christian Marcolli étaient instructives, au croisement entre pépins physiques et mentaux du sportif de haute compétition. Ce ne sont jamais les mêmes, toujours difficiles à traiter qu’on s’appelle Gisin ou Federer

Associé au cabinet de Robert Trent Jones Jr, architecte de référence, Bruce Charlton expliquait et illustrait les idées-force d’une création de parcours moderne (ou la refonte d’un ancien) respectueuse de l’environnement et du budget d’exploitation du club-hôte. François Lautens, témoin de fin 2015 à mai 2018 du gros chantier de rajeunissement des 18 trous du Golf Club de Genève qu’il dirige, confirmait cette façon de procéder comme le bonheur des membres, même encore loin du compte,

Autre intervenant, Anthony Scanlon (International Golf Federation) nourrissait son auditoire de chiffres et statistiques démontrant l’incroyable succès mondial du golf pour son retour aux Jeux Olympiques de Rio après 112 ans d’absence. Par comparaison avec d’autres sports olympiques (ou non) et de gros événements golfiques ou non, le tournoi brésilien animé par Justin Rose, Henrik Stenson ou Inbee Park, semble avoir connu en effet un succès peu imaginable avant le premier drive.

100 auditeurs attentifs, parmi quelque 100’000 golfeurs partagés entre 100 parcours de Suisse (tout chiffre arrondi), ont donc suivi le forum bernois et une seconde journée plutôt consacrée à la gestion financière et commerciale des installations liées au golf public ou privé. De Pascal Schmalen, directeur du Golf Club Crans s/Sierre, au Prof. Rüdiger Falk, expert de la fédération allemande de golf, les expériences et les travaux des uns et des autres alimentaient des interventions intéressantes, voire surprenantes.

“It’s magic”, dirait Barbara Albisetti, Secrétaire Générale de l’ASG, très impliquée dans la campagne de promotion millionnaire. “Golf, it’s magic” est son accroche. On veut bien croire que le résultat sera au rendez-vous. Par exemple, ce 29 mars pour le Golf City Tour en ville de Berne. Un espace d’entraînement était planté en pleine Waisenhausplatz et ouvert à tous, petits et grands, pour faire connaissance avec la petite balle blanche. D’autres villes suivront durant la saison. PPH