En direct de Farmingdale

Si ce 101e PGA Championship n’était pas disputé par le who’s who du golf mondial (les cent premiers du classement sont présents) et sur l’exceptionnel et complexe Bethpage Black (Par 70, 8820 m.), le second championnat majeur de la saison aurait toute l’allure d’une kermesse. Que ce soit la tenue et le comportement des spectateurs, new-yorkais pour la plupart, ou la présence massive de volontaires non-salariés aussi désorganisés en salle de presse qu’au contrôle du public, on est loin de la qualité d’un Masters, d’un US Open ou du British. Ici, c’est une fête de village à laquelle concoure une vingtaine de «pro-fesseurs», frénétiques à l’idée de s’être qualifiés à ce PGA Championship qu’ils considèrent être leur graal.
Après deux tours, il n’en restera plus qu’un ou deux et ils seront l’objet de quelques colonnes dans la presse locale pour leur conférer une célébrité toute fugitive que les habitués de leur club retrouveront sur une plaque gravée dans le pro-shop. Les éliminés resteront là, avec parents et enfants jusqu’au dernier putt et l’attribution de le Wanamaker Trophy dimanche soir, n’étant pas sûrs de se qualifier à nouveau. Précision d’importance. La PGA d’Amérique, organisatrice de ce championnat majeur annuel, est l’association représentative des professionnels et professeurs de golf aux Etats-Unis, à ne pas confondre avec le PGA Tour qui réunit les «playing pros», ceux qui gagnent leur vie en passant d’un tournoi à l’autre. Au départ, on peut donc trouver un professeur quadragénaire venu du fin fond du Nebraska comme un Verneer ou un Perry de Port Orange en Floride.
Voilà pour l’ambiance qui, jusqu’à la veille du premier tour, avait pour fils rouges, la météo dans tous ses états et Tiger Woods dans tous les sens. La météo n’est plus celle des éditions précédentes. Depuis cette année, le PGA Ch’ip se joue en mai, alors qu’une mi-août chaude et humide était du décor depuis des lustres. Plusieurs jours avant le coup d’envoi du tournoi, et encore la nuit précédente, Bethpage a ainsi subi un froid quasi hivernal et une abondante pluviométrie. Aussi, pour le moins, le déjà complexe Black offrait dix-huit trous pas simples à dompter au premier tour, avec des balles qui n’avaient pas les longueurs habituelles sur un terrain peu roulant, des greens de consistance différente selon les orientations. Pas étonnant alors de noter seulement dix-sept joueurs sous le par à mi-journée sur les 78 au départ matinal.
Les trois derniers gagnants majeurs, Brooks Koepka (tenant du titre), Francesco Molinari (British) et Tiger Woods (Masters) jouaient ensemble. Après neuf trous, le leaderboard passait au technicolor. Koepka s’en sortait bien pour prendre la tête au No 10 à -4. Le champion italien, toujours concentré, jouait le par, mais la planète-golf en était alors pour ses sous en suivant un Woods sortant à +3 avec deux doubles sur sa carte. Public chagrin. Presse étonnée. A se demander le pourquoi du comment. Ne pas avoir disputé le moindre tournoi depuis son Masters de début avril ? Ou ses nouvelles aventures extra-professionnelles lui ont-elles mis du plomb dans le swing ? Comme par hasard, sans doute pour avoir plus d’écho, la famille d’un employé de son restaurant à Palm Beach a attendu le PGA Ch’ip pour lui intenter un procès (comme à sa petite amie et directrice Erica Herman) à la suite de son décès dans un accident d’auto en ayant quitté «The Woods» complètement bourré sans être retenu. Aux Etats-Unis, ça peut faire dans le très cher, même pour un champion juste décoré d’une médaille présidentielle nationale par Donald Trump.
Dix-huit trous accomplis pour la moitié du champ à 19h45 (Genève), Koepka sortait en tête à -7 (63),  impressionnant. Molinari, toujours attentionné, baissait d’un ton ou deux, sortant en 72 (+2) comme un Woods pas sur le bon tempo, le visage exprimant ses erreurs, mais qui se retrouvait par moments (splendide eagle sur son 13e trou), tout en transpirant son putting comme à Augusta.
Si un tournoi ne se gagne pas au premier tour, encore faut-il ne pas déjà le perdre. Woods connaît ça par cœur. PPH

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